Piccola Compagnia della Magnolia

  • HAMM-LET Etude sur la Voracité

    basée sur Hamlet de William Shakespeare et Hamlet Machine de Müller avec des extraits de Laforgue, Pasi, Moscato

    avec
    Agla Germanà – Ophélie
    Davide Giglio – Hamm-Let
    Giorgia Cerruti – Gertrude

    COMPOSITION DRAMATURGIQUE et MISE EN SCENE
    Giorgia Cerruti

    Musiques de
    Nyman, Armstrong, Morin, Transiberian Orchestra, Portishead, Rita Pavone, Mia Martini

    REALISATION DECOR ET COSTUMES
    Claudia Martore, Alessandro Di Blasi – Atelier PCM

    LUMIERES
    Riccardo Polignieri

    EFFETS SONORES
    G.u.p.

    GRAPHISME
    Fabio Sgorlon

    PHOTOS DE SCENE ET VIDEO
    Alessandro Mattiolo

    Fiches techniques.

    Extraits de presse.

    Depuis longtemps la PCM sentait la nécessité de travailler sur le monde d’Hamlet pour en explorer deux aspects précis: d’un côté – plus strictement technique – il y avait l’urgence de se mesurer avec le vers shakespearien, en cherchant à découvrir « comment le dire » sur scène, tout en respectant la métrique et la musicalité et en traversant la langue anglaise pour revenir ensuite à l’italien.

    Une recherche concentrée sur la plasticité, l’intelligibilité et la puissance évocatrice des vers du dramaturge de manière à pouvoir jeter un pont entre le passé et notre présent si inquiet et poétique.

    D’un autre côté, l’intérêt pour Shakespeare s’est focalisé sur l’histoire personnelle d’Hamlet qui s’insinue parmi les événements les plus triomphaux du royaume de Danemark. L’homme Hamlet et le sentiment de l’Amour quand il oscille entre les pulsations du coup de foudre et le délire de la possession. Hamm-Let / Etude sur la Voracité devient ainsi un spectacle sur l’Amour quand l’Amour est courtois, puis impitoyable, puis vorace ; quand il est à ses débuts et que c’est pour la vie, mais survient une trahison qui l’anéantit ; quand l’Amour devient luxure effrénée et incestueuse, quand l’Amour nous épanouit et qu’on se sent immortel, quand Hamlet est le fruit de la Femme et par la femme est dévoré; quand on ne devrait jamais parler d’amour parce que les mots trahissent et que la raison cristallise le sentiment humain d’une manière inéluctable.

    En partant de l’inépuisable chef-d’œuvre de Shakespeare et en traversant le langage cru de Müller, Hamm-Let / Etude sur la Voracité parle d’Hamlet-Gertrude-Ophélie, trois natures qui s’annulent mutuellement par amour en éliminant leur propre double, cette partie encombrante de soi-même qui a contaminé l’autre et qui se retourne contre les protagonistes : une machine infernale qui détruit les rapports entre mère et fils et entre amants.

    Au-delà de la tragédie de la vengeance, la recherche sur Hamlet nous a montré un nœud jamais démêlé dans l’âme d’Hamlet face à la femme : il la transforme en géant pour en devenir le pantin et la nie immédiatement après pour la pousser à la mort. C’est seulement ainsi qu’Hamlet « digère » la femme et peut enfin mourir en intellectuel, en donnant une voix et un nom au silence qui le recouvre.

    Le travail pendant les répétitions est dédié à la parole et recherche les moyens de retenir le vers shakespearien et – en même temps – de saisir un mode esthétisant qui enveloppe le texte froid de Müller. Ce sont donc les mots qui modèlent les visages et les corps des comédiens, qui les gouvernent selon leur musique, qui les rendent poétiques. Ainsi la partition musicale peut devenir une obsession électronique qui guide l’action des comédiens sur scène, ou bien un air déchirant qui accompagne Ophélie dans la mort ou Gertrude, boulimique, qui consomme son festin sur le corps sans vie d’Hamm-Let sur les notes de Mia Martini.

    Les suggestions concernant l’ambiance, les costumes et « l’air qu’on respire » viennent du théâtre japonais, de l’opéra baroque mais aussi d’un monde sacré, presque comme si le royaume d’Hamlet était une cathédrale en ruine parmi les décombres des statues des Madones.

    Poursuivant le travail de la Troupe sur l’antinaturalisme et sur l’artifice comme prise de distance avec la vraisemblance, voilà que les corps tendus, les voix déformées, la décomposition des gestes s’unissent à la recherche sur les costumes et sur le maquillage, donnant accès à un spectacle poétique et cruel où l’on plonge dans la chair vivante, où toujours l’émotion doit manifester le sens.

    Dans une interview de 1989, Müller dit:
    « Entre le bien et le mal, il doit y avoir une ligne de partage des eaux, voire un mur. Mais quand le mur est assailli de toutes parts par une marée indiscernable, quand rien n’est limpide dans les idées, quand la pression aveugle des choses est trop forte, le mur et la morale cèdent : il reste quelque chose qu’il faut bien définir comme esthétique, une connaissance obscure des perceptions primaires qui touchent la vie et la mort, l’espoir obstiné d’arracher des formes à l’informe. Ce sentiment est peut-être la seule lueur d’espoir qui puisse éclairer l’histoire de ces dernières années et la rendre compréhensible. »

    Photos (du haut en bas):
    Riccardo Polignieri (1, 4, 5), Alessandro Mattiolo (2, 3, 9),
    Marc Carpentier (6), Francesca Savini (7, 8).

    Piccola Compagnia della Magnolia. Hamm-let Etude sur la Voracité

    Piccola Compagnia della Magnolia. Hamm-let Etude sur la Voracité

    Piccola Compagnia della Magnolia. Hamm-let Etude sur la Voracité

    Piccola Compagnia della Magnolia. Hamm-let Etude sur la Voracité

    Piccola Compagnia della Magnolia. Hamm-let Etude sur la Voracité

    Piccola Compagnia della Magnolia. Hamm-let Etude sur la Voracité

    Piccola Compagnia della Magnolia. Hamm-let Etude sur la Voracité

    Piccola Compagnia della Magnolia. Hamm-let Etude sur la Voracité

    Piccola Compagnia della Magnolia. Hamm-let Etude sur la Voracité

    plus de photos...